rapport 2009 sur la traite des personnes
DJIBOUTI
Djibouti: (liste de surveillance, niveau 2)
Djibouti est un pays source, de transit et de destination de femmes et d’enfants victimes de la traite des personnes à des fins d’exploitations sexuelle commerciales et de travaux domestiques dégradants. Un grand nombre de migrants économiques volontaires venant d'Éthiopie et de la Somalie transitent illégalement par Djibouti pour se rendre au Yémen et dans d’autres régions du Moyen-Orient. Au sein de ce groupe, un nombre restreint de femmes et de jeunes filles deviennent victimes du travail domestique forcé ou de l'exploitation sexuelle à des fins commerciales après avoir atteint la ville de Djibouti ou le corridor de transport routier Djibouti-Éthiopie. D’autres sont victimes du trafic une fois arrivées au Moyen-Orient. Le nombre le plus élevé de réfugiés à Djibouti est celui des Somaliens, Ethiopiens et Erythréens. Ces personnes sont exposées à plusieurs formes d’exploitation, y compris au trafic humain. Un nombre infime de filles Djiboutiennes, issues de familles démunies, se livrent également à la prostitution sous l’instigation des membres de la famille ou d’autres prostituées. A Djibouti la prostitution a lieu dans des appartements, des maisons closes et dans les rues. Les agents des forces armées étrangères stationnées à Djibouti nourriraient le marché de la prostitution des femmes et des filles, y compris le trafic de victimes.
En 2008, les autorités polonaises ont identifié une femme Djiboutienne, victime du trafic des êtres humains.
Le gouvernement de Djibouti ne s’est pas encore entièrement conformé aux normes minimales visant l'élimination de la traite. Cependant, il déploie d’importants efforts dans ce sens. En dépit de ces importants efforts d'ensemble, le gouvernement a fait peu d’avancées dans la poursuite en justice des infractions spécifiques à la traite des êtres humains, ainsi que dans la sensibilisation du public à la criminalité. Par conséquent, Djibouti est placé au niveau 2 de la liste de surveillance (Watch List).
Les recommandations pour Djibouti:
- Continuer à faire respecter la loi anti-trafic à travers une poursuite réussie des coupables de la traite.
- Lancer une campagne nationale pour sensibiliser, à tous les niveaux, les agents du gouvernement et le grand public sur la question de la traite des êtres humains.
- Développer un plan de formation sur la loi de lutte contre la traite et ses dispositions. Cette formation s’adresserait aux agents de l’ordre et de la protection sociale, y compris les juges, les avocats, les policiers, les agents de l'immigration et les travailleurs sociaux. - Etablir des politiques et procédures officielles pour les agents du gouvernement afin qu’ils puissent identifier et interviewer, de manière proactive, les victimes potentielles de la traite et les confier, le cas échéant, aux ONG locales ou aux organisations internationales.
- Etablir des mécanismes pour renforcer les services de protection des victimes de la traite, éventuellement en initiant une collaboration avec les ONG ou les organisations de la société civile.
Des poursuites judiciaires
Au moment du rapport, le Gouvernement de Djibouti avait amorcé des efforts pour amener devant la justice les coupables du trafic et les passeurs des migrants. La Loi 210, établie en décembre 2007, "concernant la lutte contre la traite des êtres humains", couvre à la fois le trafic interne et transnational et interdit toutes les formes de trafic des êtres humains. Elle protège les victimes indépendamment de leur origine ethnique, leur genre ou nationalité, et proscrit, pour les trafiquants, des sanctions pouvant aller jusqu'à 30 ans d'emprisonnement. Tout au long de l'année, la Brigade des Mœurs de Djibouti a effectué des descentes régulières dans la capitale et a mis en détention préventive un nombre indéterminé de mineurs éthiopiens et somaliens soupçonnés de prostitution. La brigade aurait arrêté des individus soupçonnés de proxénétisme. Cependant, des informations spécifiques concernant le châtiment infligé aux proxénètes n'ont pas été fournies
Protection
Avec peu de moyens et un très petit nombre d'ONG locales, le gouvernement a eu peu d'options pour répondre aux besoins des enfants exploités dans la prostitution au cours de l'année. Une ONG, en consultation avec le Ministère de la femme, a continué à opérer une permanence pour les enfants de la rue risquant de devenir victimes de la traite, la prostitution, ou d'autres formes d'exploitation. Au cours de l’année 2008, le Conseil des ministres n'a pris aucune mesure pour assurer des soins complets aux victimes, comme mandaté par l'article 18 de la loi 210. Après avoir détenu des enfants soupçonnés de se livrer à la prostitution, la police a tenté de localiser et de rencontrer les parents ou autres membres de la famille pour discuter la protection appropriée aux enfants, ces derniers ont ensuite été remis à la garde de membres de la famille. En dernier ressort, les enfants éthiopiens et somaliens arrêtés par la police sur suspicion d'implication dans la prostitution ont été logées dans des quartiers à l'Académie de police, avant leur expulsion. En 2008, la rénovation de plusieurs pièces de l'Académie a débuté pour améliorer l'hébergement de ces enfants. La police a collaboré avec le ministère de la Santé de la clinique et les hôpitaux, ainsi que les ONG, pour fournir des soins médicaux aux victimes de la prostitution infantile. Aucune accusation n'a été déposée contre les mineurs détenus soupçonnés de se livrer à la prostitution en 2008. La police a entrepris une étude de la situation familiale de la prostitution des mineurs en 2008. Le gouvernement compte un nombre croissant de demandeurs d'asile qui sont des déserteurs de l'armée érythréenne au cours de ladite période. À partir de Mars 2009, le gouvernement et le HCR ont enregistré 129 déserteurs militaires érythréens, dont certains pourraient être victimes de la traite, comme des demandeurs d'asile après avoir procédé à des entrevues conjointes. Le gouvernement n'a pas encore mis au point une procédure de renvoi pour transférer les victimes de la traite à l’attention des ONG, ou un système d’identification des victimes de la traite chez les populations vulnérables préventivement. Les autorités n'ont pas encouragé les victimes à participer aux enquêtes ou poursuites des trafiquants.
Prévention
Au cours de la période concernée, le gouvernement n'a pas lancé une campagne d'information de la traite des êtres humains spécifiquement destiné à la sensibilisation du public. Dans un effort visant à empêcher le travail forcé et l'exploitation sexuelle commerciale des migrants clandestins éthiopiens et somaliens au Yémen et en Arabie saoudite, toutefois, les médias gouvernementaux ont publié de nombreux articles sur les dangers de la migration illégale. En outre, les militaires ont régulièrement détenu des bateaux soupçonnés de faire entrer clandestinement des migrants africains au Yémen et ont emprisonné leurs opérateurs. L'article 16 de la loi 210 exige que le gouvernement établisse ou soutienne des politiques ou des programmes visant à prévenir la traite des êtres humains à travers des campagnes de sensibilisation, des programmes de formation et des initiatives sociales et économiques. Aucun progrès tangible n’a été réalisé dans un de ces domaines au moment du rapport. Au cours de la période concernée, le gouvernement a invité l'OIM à ouvrir une agence à Djibouti, et a fourni des locaux au sein du ministère du Travail. En Mars 2009, les agents gouvernementaux ont commencé à collaborer avec l'OIM pour une campagne de sensibilisation sur les dangers de la migration illégale, y compris le risque de devenir une victime de la traite. Le gouvernement s’est efforcé à réduire la demande pour les actes sexuels en continuant à enquêter sur les cas d'exploitation sexuelle d'enfants et à déployer de policiers de la Brigade des Mœurs. Le gouvernement n'a pas pris de mesures connues dans l’année 2008, afin de réduire la demande en travail forcé.
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