Rapport 2004 sur la traite des personnes
DJIBOUTI
Il n’existe aucun document sur la traite des êtres humains à Djibouti. Le manque de preuves solides ou de statistiques ne permet pas de présenter des arguments concrets démontrant que la traite des personnes est un problème significatif dans le pays même si des preuves anecdotiques suggèrent que le trafic d’êtres humains existe. Une surveillance de la migration et des statistiques de main-d’oeuvre insuffisantes voire non-existantes rendent difficile en ce moment la justification de l’ampleur du trafic survenant à l’intérieur du pays.
Portée et Ampleur.
Djibouti est sans doute un pays transit et une destination pour le trafic de femmes et d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle forcées. Des sources provenant du pays et des ONG internationales indiquent que les personnes introduites illégalement à Djibouti ou qui y migrent et deviennent ensuite des victimes de la traite sont originaires de l’Ethiopie et de la Somalie. Les mêmes sources indiquent que les individus sont parfois conduits vers les pays arabes ou la Somalie. A Djibouti, de nombreux enfants sont prostitués, la plupart sont des migrants économiques des pays avoisinants. Selon quelques estimations, le nombre total de prostituées s’élèvent entre 500 et 600, un petit pourcentage de celles-ci est agé de moins de 18 ans. Les enfants impliqués dans la prostitution travaillent dans les rues, les appartements ou les maisons closes. Des enfants plus âgés auraient forcé des plus jeunes à s’engager dans la prostitution afin d’encaisser leurs gains. Les individus agissant en tant que souteneurs ou protecteurs sont fréquemment utilisés pour établir des transactions.
Les efforts du Gouvernement
Pour le Gouvernement, la traite des personnes n’est pas un problème et actuellement il n’existe aucune volonté politique pour aborder ou combattre celle-ci. Djibouti possède des lois contre la prostitution, le proxénétisme, l’enlèvement et l’exploitation de la faiblesse ou de l’ignorance d’une personne. Cependant, ces lois ne couvrent pas tous les aspects relatifs à la traite des personnes. Djibouti manque également de ressources pour former suffisamment ses forces de sécurité à reconnaître la traite, à créer des programmes de prévention, à enquêter et à poursuivre en justice les trafiquants ou protéger les victimes de la traite. Les étrangers sans-papiers sont généralement déportés dans leurs pays d’origine; les victimes de la traite pourraient figurer parmi les déportés. Chaque semaine, une vingtaine d’Ethiopiens sont déportés de Djibouti; aucune imformation supplémentaire concernant ces individus n’est disponible.