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DJIBOUTI


Rapport 2005 sur la Liberté Religieuse au Niveau International

(Publié par le Bureau pour la Démocratie, les Droits de l'homme et le travail)
 
Tout en déclarant l’Islam religion d’Etat, la Constitution établit la liberté religieuse et le Gouvernement respecte généralement ce droit en pratique mais il déconseille fortement le prosélytisme.

Il n'y avait pas eu de changement de statut au niveau du respect de la liberté de religion durant la période couverte par ce rapport.

Le rapport généralement amical entre les religions dans une communauté contribue à la liberté religieuse. 

Le Gouvernement Américain discute avec le Gouvernement en place des questions de liberté religieuse. Celles-ci font partie de sa politique générale pour encourager les droits de l'homme. 

I. Démographie religieuse

Le pays a une superficie d’environ 23 000 km2 et sa population est estimée à 650,000 habitants. Plus de 99% de la population est musulmane sunnite. Les catholiques, protestants ainsi que les adeptes de la foi Baha’i sont minoritaires et représentent moins de 1% de la population. Il n’y a pas de pratiquants reconnus des religions traditionnelles indigènes. Puisque tous les habitants sont officiellement considérés  comme musulmans, tant qu’ils n’adhèrent pas à d’autres religions, il n’existe aucun chiffre disponible sur le nombre d’athées dans le pays.
 
Les églises Catholiques Romaines, Protestantes, Orthodoxes Grecques et Orthodoxes Ethiopiennes bénéficient de l’appui de la grande communauté étrangère.
 
Un nombre restreint de groupes de missionnaires Chrétiens étrangers travaillent dans le pays, tels la Mission Mennonite de l’Est, l’Equipe Internationale de la Mer Rouge, et le « Life International. »

II. Statut de la Liberté Religieuse

Le Cadre Légal/Politique

Tout en déclarant l’Islam religion d’Etat, la Constitution autorise la liberté de religion, et le Gouvernement respecte généralement ce droit en pratique; toutefois, le prosélytisme est fortement déconseillé. Le Gouvernement, à tous les niveaux, s'efforce de protéger pleinement ce droit et ne tolère pas son abus, que ce soit par le Gouvernement  ou par des acteurs privés.
 
Bien que l’Islam soit la religion officielle, le Gouvernement n’impose aucune sanction à ceux qui choisissent d’ignorer les enseignements islamiques ou ceux qui pratiquent d’autres religions. Le Gouvernement entretient des relations diplomatiques avec le Vatican.
 
Le Tribunal de la Charia (Loi islamique) fut remplacé par le Tribunal de la Famille, qui a été pratiquement mis en application en février 2004. Cette cour applique le code de famille et la Charia pour statuer sur les affaires relatives à la famille telles que le mariage, le divorce et l’héritage.
 
Le Gouvernement exige que les groupes religieux s’inscrivent auprès du Ministère de l’Intérieur en soumettant une demande au Ministère des Affaires Etrangères. Ce dernier, de concert avec le Ministère de l’Intérieur, enquête le groupe. Une fois acceptée, le groupe signe un préalable accord bilatéral de deux ans détaillant le domaine d’activités du groupe. Contrairement aux années précédentes, les dirigeants Baha’i n’ont signalé aucun incident discriminatoire. Cependant, ils n’ont pas confirmé si l’organisation a soumis une demande d’inscription durant la période de ce rapport. Les années précédentes, de telles demandes leur avaient été refusées.
 
Les clergés et missionnaires étrangers sont autorisés d’organiser des travaux de charité et de vendre des livres religieux. Ces groupes, qui se focalisent sur les services humanitaires,  l’éducation et les secteurs de santé, n’ont été l’objet d’aucun harcèlement durant la période de ce rapport. Les groupes des missionnaires étrangers sont autorisés, par le Gouvernement, d’opérer dans les écoles. La religion n’est pas enseignée dans les écoles publiques.
 
Le pays considère les jours de fêtes musulmanes de l’Eid-al-Fitr, l’Eid-al-Adha,  l’anniversaire du Prophète Mohammed, le Nouvel An Musulman, et l’Ascension du Prophète comme étant des jours fériés nationaux. 

Restrictions sur la Liberté Religieuse

Il n’y a aucune interdiction légale contre le prosélytisme. Cependant, celui-ci est fortement déconseillé pour les non Musulmans.
La loi islamique basée sur le Coran est seulement utilisée en ce qui concerne les affaires familiales et est régie par les juges du Tribunal de la Famille. Le mariage civil est seulement permis pour les étrangers non musulmans. Il est demandé aux musulmans de se marier en cérémonie religieuse et un homme non musulman peut épouser une femme musulmane seulement après s’être converti à l’Islam.
 
Le Ministère des Affaires Musulmanes contrôle les activités des Musulmans, mais  ne limite pas leurs pratiques religieuses. Il a autorité sur toutes les affaires musulmanes, y compris les mosquées, les écoles coraniques et les événements religieux.  Le Haut Conseil Islamique, officiellement créé au sein de ce Ministère en octobre 2004, a pour mandat de donner son avis sur toutes les affaires et préoccupations religieuses. Il est aussi chargé de coordonner toutes les organisations non gouvernementales islamiques dans le pays.
 
Le Président est tenu de prêter un serment religieux lors de son investiture. Cependant, il n’est pas demandé aux autres employés du gouvernement de le faire.
 
Il n'y a pas eu  de rapports sur les prisonniers ou les détenus religieux.  

Conversion Religieuse Forcée

Il n'y a pas eu de rapports sur la conversion religieuse forcée, y compris ceux de citoyens Américains mineurs qui auraient été kidnappés ou illégalement enlevés des Etats-Unis, ou encore le refus de permettre à de tels citoyens de retourner aux États-Unis.

Abus par les Organisations Terroristes

Il n'y a pas eu d'abus rapportés visant des religions spécifiques par des organisations terroristes pendant la période couverte par ce rapport.

III. Attitudes Sociales

Dans une communauté, la relation généralement amicale entre les religions contribue à la liberté religieuse. Cependant, les Représentants des églises Catholique, Protestante et Orthodoxe Ethiopien, ainsi que ceux de certains ONG, ont souligné que, ces dernières années, il y a une animosité croissante envers les non Musulmans. Les clercs Musulmans Modérés attribuent la croissance du fondamentalisme musulman en partie aux médias internationaux, aux écoles Wahhabites saoudiennes, au nombre croissant des groupes islamiques et aux diplômés des écoles islamiques Saoudiennes ou Yéménites.
 
Les Catholiques Français et les Chrétiens Orthodoxes Ethiopiens font partie de la communauté djiboutienne depuis près d’un siècle. Ils sont un exemple de la grande familiarité et de la tolérance religieuse dont fait preuve la majorité Musulmane. Il n’y a aucune répercussion légale pour toute conversion de l’Islam à une autre religion ou pour un mariage en dehors de la religion musulmane. Cependant, suite à leur décision, les personnes converties à d’autres religions font face à une attitude négative de la part de la société, de la tribu et de la famille. 
 
Environ soixante pour cent de la population est d’ethnie somalienne. Dans cette communauté, les membres du clan ont beaucoup plus d’influence sur les personnes que la religion. Les chrétiens d’ethnie somalienne sont souvent enterrés selon les traditions islamiques par leurs familles qui refusent de reconnaître leur foi non musulmane. 
 
Il n’y a aucun dialogue inter-religieux formel. L’Eglise Catholique organise une célébration annuelle avec les autres Eglises Chrétiennes. Le Qadi a reçu du  Pape les vœux du Ramadan. Il ne rencontre les chefs des autres confessions religieuses que lors des cérémonies organisées par le gouvernement seulement

IV. Politique du Gouvernement Américain

Le Gouvernement Américain discute avec le Gouvernement en place des questions de liberté religieuse qui font partie de sa politique générale de promotion des droits de l'homme. Les représentants de l’Ambassade rencontrent régulièrement des chefs et des membres des communautés religieuses  ainsi que ceux des organisations non gouvernementales Américaines à composante missionnaire.

L’Ambassade des Etats-Unis a déjà organisé plusieurs Iftars pendant la période du Ramadan ainsi qu’un repas de Noël dans le but de promouvoir la tolérance et l’entente religieuses. Au nombre des invités figuraient des femmes éminentes, des homologues militaires, des hommes d’affaires influents, des autorités du gouvernement, des membres des affaires Arabes et de la communauté diplomatique ainsi que des employés de l’Ambassade. L’Ambassade a engagé plusieurs de ses Groupes de Discussion en Langue Anglaise dans des débats sur la liberté de la religion et la tolérance. En collaboration avec l’association religieusement affiliée Al-Biri, l’Ambassade a également organisé une session d’information sur le Ramadan pour enseigner aux superviseurs militaires Américains du personnel local, travaillant au camp Lemonier, les coutumes et pratiques du Ramadan.

Publié le 8 novembre 2005.

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